Dmitri Chostakovitch

Dimitri Chostakovitch en 1942

Dimitri Chostakovitch en 1942

Dmitri Dmitrievitch Chostakovitch, né le 25 septembre 1906 à Saint-Pétersbourg en Russie et mort le 9 août 1975 à Moscou en URSS, est un compositeur russe de la période soviétique.
Il est l’auteur de quinze symphonies, de plusieurs concertos, d’une musique de chambre abondante, et de plusieurs opéras. Sa musique, souvent accusée de formaliste par le pouvoir soviétique, contribue par sa force et son dramatisme souvent exacerbé à faire de Chostakovitch une figure majeure de la musique du XXe siècle.
Dmitri Chostakovitch est issu d’une famille appartenant à l’intelligentsia russe et au passé révolutionnaire.

Après avoir étudié le piano avec sa mère, Dmitri Chostakovitch entre en 1919 au Conservatoire de Petrograd, où il étudie le piano avec Leonid Nikolaïev (en) et la composition avec Maximilian Steinberg et Nikolaï Sokolov (en). Il se lie d’amitié avec Alexandre Glazounov, alors directeur du Conservatoire.
Bien que cumulant les apprentissages de composition et de piano, Chostakovitch se destine alors plutôt à une carrière d’interprète. Il donne de nombreux concerts, dans lesquels il fait la part belle aux œuvres de Beethoven, Schumann, Chopin et Liszt.
En février 1922, le père de Chostakovitch meurt d’une pneumonie. La famille Chostakovitch se trouve alors dans une situation matérielle précaire, ce qui conduira Dmitri à se faire embaucher comme pianiste de cinéma. Au début de l’année 1923, il effectue une cure en Crimée, où il tombe amoureux de Tatiana Glivienko, à laquelle il dédie son Premier Trio avec piano.
En 1926 a lieu la création de sa Symphonie no 1, œuvre d’une maturité de métier si exceptionnelle chez un garçon de vingt ans que des chefs d’orchestre tels que Bruno Walter, Leopold Stokowski et Arturo Toscanini l’adoptent immédiatement et lui assurent une renommée internationale. L’œuvre vaut même à son jeune auteur une lettre de félicitation d’Alban Berg.
En 1927, le gouvernement lui commande sa Symphonie no 2 pour commémorer l’anniversaire de la Révolution russe. Chostakovitch vient alors de composer deux œuvres audacieuses, sa Sonate pour piano no 1 et son cycle d’Aphorismes et la composition de cette deuxième symphonie lui permet de poursuivre ses expérimentations. La même année, il obtient un diplôme d’honneur au concours Chopin à Varsovie.
Entre l’été 1927 et l’été 1928, Chostakovitch s’attelle à l’écriture de l’opéra Le Nez s’inspirant de la nouvelle éponyme de Nicolas Gogol issue des Nouvelles de Pétersbourg. La partition résolument avant-gardiste rend à merveille l’ironie et le sarcasme du récit de Gogol et connaît un immense succès populaire.
Il écrit en 1929 sa première musique de film, La Nouvelle Babylone, de Grigori Kozintsev et Leonid Trauberg, puis sur une proposition de Vsevolod Meyerhold, la musique de La Punaise de Vladimir Maïakovski. Il compose aussi, toujours dans la même veine, sa Symphonie no 3 puis deux ballets, l’Âge d’or et le Boulon, deux échecs publics.
En 1932, Chostakovitch achève la composition de son second opéra, Lady Macbeth du district de Mtsensk. L’œuvre est créée en 1934 et remporte un immense succès, avec trois productions et quelque deux cents représentations tant à Léningrad qu’à Moscou au cours des deux années qui suivent, en plus de nombreuses exécutions en dehors de l’URSS.
Début 1933, Chostakovitch débute un cycle de 24 préludes pour piano puis compose son Premier Concerto pour piano.

A partir de la « grande purge de 1934 » , Chostakovitch cherche d’abord à préserver son indépendance Les œuvres qu’il compose à cette époque, telles que son Premier Concerto pour piano ou sa Sonate pour violoncelle et piano, ne portent aucune influence de la politique intérieure du pays. Mais en 1936, il est lui aussi menacé des purges staliniennes. L’attente constante du pire le plonge dans l’insomnie et la dépression. Il est hanté par des idées de suicide, qui ne cesseront de le tourmenter toute sa vie.
La Symphonie n° 4, composée entre septembre 1935 et mai 1936, est le reflet de son état psychologique de l’époque. Cette œuvre ne sera créée que dans les années 1960.

Obligé de faire des concessions, Chostakovitch donne à sa musique des accents plus traditionnels. Sa Symphonie n° 5, dont la facture très classique lui permet un retour en grâce.
En mai 1938, Chostakovitch compose son Premier Quatuor à cordes, puis jusqu’en 1941, il s’occupe essentiellement de musiques de films. Entre avril et novembre 1939, il compose la Symphonie no 6.
En 1941, Chostakovitch reçoit le Prix Staline pour son Quintette avec piano et cordes, œuvre commandée par le Quatuor Beethoven dont Chostakovitch devait tenir la partie de piano lors de la tournée que le quatuor devait faire en 1942 à travers toute l’URSS.

Le 8 août 1941, les premiers avions allemands bombardent Leningrad. La mobilisation est décrétée et Chostakovitch est incorporé à sa demande dans un piquet d’incendie du groupe de défense antiaérienne. Il se lance dans l’écriture de sa Symphonie no 7 « Leningrad ». Rapidement populaire aussi bien à l’Ouest qu’à l’Est, elle est jouée 62 fois sur le continent américain entre 1942 et 1943. L’œuvre sera même interprétée à Léningrad le 9 août 1942.
En 1943, Chostakovitch compose l’une de ses plus importantes symphonies, la Symphonie no 8  dédiée à Mravinski. Considérée par beaucoup comme le chef-d’œuvre symphonique de Chostakovitch, cette symphonie est semblable à un cri de protestation contre la guerre, le totalitarisme et la volonté de suprématie en général.

A partir de 1948, Chostakovitch est à nouveau menacé. Il écrit ses Chansons juives, notamment en réaction à l’antisémitisme ambiant. Il sera contraint de cacher ces œuvres, comme jadis la Quatrième Symphonie.
Après la mort de Staline, le 5 mars 1953, le compositeur revient à l’écriture symphonique, après cinq ans d’arrêt, en composant sa Dixième Symphonie de juillet à octobre 1953 qui rencontre un triomphe en décembre de la même année.

De nombreuses œuvres de Chostakovitch vont peu à peu reprendre place dans la vie musicale : les Chansons juives et le Premier Concerto pour violon sont ainsi créés en 1955, plus de sept ans après leur composition. Chostakovitch reçoit le prix international de la paix en 1953.
Dmitri Chostakovitch est officiellement réhabilité en 1958. Il reçoit le prix Lénine pour sa monumentale Onzième symphonie.

Le XXIIe Congrès du Parti, en octobre 1961 marque une nouvelle étape dans les transformations intervenues depuis la mort de Staline. On assiste çà et là à des événements d’une portée capitale, comme l’arrivée de Leonard Bernstein et de l’Orchestre de New York dès 1959, ou le retour d’Igor Stravinski en 1962, après cinquante ans d’absence.

Au printemps 1962, Chostakovitch compose sa Treizième Symphonie, « Babi Yar » sur des textes d’Evgueni Evtouchenko.

1966, année de ses soixante ans, marque le point d’orgue de sa carrière avec des concerts organisés en son honneur dans le monde entier.  Mais c’est aussi l’année où, après avoir été victime d’un infarctus, il ne pourra plus jouer en public. Désormais, il se consacre uniquement à la composition, comme le Second Concerto pour violon, dédié à David Oïstrakh, créé à l’automne 1967.

Malade, faible, il n’a plus la force de s’opposer au durcissement du régime de l’ère Brejnev. Il décède des suites d’un cancer le 9 août 1975. Sa dernière œuvre, la Sonate pour alto et piano est créée le 25 septembre 1975, jour de l’anniversaire du compositeur

Il laisse une œuvre abondante et riche.

Biographie d’après Wikipédia