Norbert Glanzberg

Photo Editions du Méridien

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Nathan (Norbert) Glanzberg est né en 1910 dans une famille juive à Rohatyn en Galicie dans un environnement yiddish. Son père, Samuel Glanzberg, est peintre en bâtiment.
Un an après sa naissance, la famille Glanzberg émigre en Bavière à Würzburg. Samuel Glanzberg devient voyageur de commerce en vins.  » Pourquoi la musique ri ? Pourquoi la musique pleure ?  » se demande Norbert lorsque sa mère lui offre un harmonica en 1913.

Il entre au Conservatoire de Würzburg en 1922, où il est engagé comme chef de chœur et assistant du chef d’orchestre d’Aix-la-Chapelle dès 1929. C’est à cette époque qu’il rencontre Béla Bartók et Alban Berg.

En 1930, il est engagé comme compositeur par la Ufa et écrit sa première musique de film pour Billy Wilder et la deuxième pour Max Ophüls. Quand le régime nazi s’installe en Allemagne, en 1933, Goebbels désigne Glanzberg dans le journal du NSDAP, Der Angriff, comme artiste juif dégénéré qui « prend le pain de jeunes musiciens blonds ». Norbert décide de s’exiler à Paris à la suite de l’incendie du Reichtag où il sait que la Gestapo est à sa recherche. Voir son témoignage  vidéo bouleversant sur le site du JSO.

À Paris en 1936,  il rencontre Django Reinhardt. Norbert joue alors dans les bals musettes. En 1938, il fait la connaissance de Lys Gauty et lui écrit Le bonheur est entré dans mon cœur (Das Glück ist in mein Herz getreten). Norbert devient accompagnateur musical de chanteurs lors de présentation de collections de mode.

En 1939, le réfugié polonais Glanzberg est incorporé dans l’armée polonaise, stationnée en Angleterre. En 1940, Norbert est démobilisé de l’armée et revient dans le sud de la France en zone non occupée ; il fait la connaissance de l’imprésario Félix Marouani qui l’engage pour les tournées de Tino Rossi et d’Édith Piaf.

Pourtant en 1942, après avoir réussi à se soustraire aux rafles, il est victime d’une dénonciation et jeté en prison pour 6 mois. La comédienne Marie Bell organise sa fuite avec l’aide d’un gardien de la prison corse. Jusqu’en 1944, il est caché par Georges Auric et pour finir par le poète René Laporte à Antibes, où il fait des rencontres avec la résistance intellectuelle : Eluard, Prévert, Aragon, Elsa Triolet, Julliard. Il présente Maurice Chevalier à Julliard qui éditera après la guerre ses mémoires: Ma route et mes chansons.

À la Libération, en 1945, Norbert est à nouveau libre. Il aide à la libération de Maurice Chevalier, qui est détenu par le mouvement de résistance Soleil, puis contribue à la défense de Mistinguett inquiétée par un tribunal d’épuration. De 1946 à 1948, il part en tournée avec Charles Trenet en Amérique du Sud, puis en tournée internationale avec Tino Rossi.

En 1948, Édith Piaf chante Padam Padam qu’il a écrite avec Henri Contet ; puis, en 1952, Yves Montand interprète Moi j’m’en fous et Les grands boulevards.

À partir de 1953, il compose nombre de musiques de film, notamment pour Michel Strogoff avec Curd Jürgens ; puis, en 1954, pour La Goualeuse. Piaf chante Mon manège à moi.

En 1955, il compose la musique du film La Sorcière, avec Marina Vlady ; puis celle de La mariée est trop belle (1956), avec Brigitte Bardot.

À partir de 1962, jusqu’aux années 1970, il compose encore pour Pétula Clark, Dalida et Mireille Mathieu. La période « yéyé » met une fin à sa carrière en tant que compositeur pour le music-hall.

En 1983, il fait un retour à la musique classique et s’attelle à la composition d’une suite de lieder sur un recueil de poèmes écrits pendant la guerre par des prisonniers, La mort est un maître de l’Allemagne (« … der Tod ist ein Meister aus Deutschland » constituant le refrain de ce qui est peut-être le plus grand poème de Paul Celan, Todesfuge, « Fugue de la mort »). Il met en musique, en deux cycles de dix œuvres chacun, des chansons berlinoises et des lieders romantiques classiques. Puis, toujours en classique, il compose en 1985 un concerto pour deux pianos, La Suite yiddish, inspiré des romans d’Isaac Bashevis Singer.

Voir la répétition avec Norbert Glanzberg sur le site du JSO.

En 2000, le compositeur et chef d’orchestre Frédéric Chaslin arrange la Suite yiddish pour un orchestre symphonique. Création en mars par la Philharmonie de Lorraine sous la direction de Frederic Chaslin. Le même concert eut lieu en juillet avec l’Orchestre Symphonique de Jérusalem, puis en octobre par la Philharmonie de Würzburg.

Norbert Glanzberg décède le 25 février 2001.

Bio inspirée de Wikipédia et de la bio de Véronique Chemla